Les nouvelles bottes
Semaine 1 — Confort, confiance et premiers ajustements
Au début, mon observation portait autant sur son comportement que sur son confort. Barbie avait toujours vécu sur un sol tendre et douillet, alors qu’ici, le sol est plus dur. Dès les premiers jours, j’ai remarqué la sensibilité de ses pieds.
Depuis deux jours, je regardais Barbie qui posait ses pieds délicatement sur le sol. Je pouvais lire la douleur dans ses yeux, et la tension dans les commissures de sa bouche. Tout ça me rappelait quand j’étais jeune maman et que, le matin, nu-pieds, je marchais sur les blocs de Lego qui traînaient sur le plancher du salon... « OUTCH ! »
L’idée des bottes m’est alors venue comme une évidence : un petit éclair de logique et d’espoir. Ça valait vraiment la peine d’essayer.
Après quelques jours d’attente, les nouvelles bottes sont enfin arrivées. Je les ai sorties de leur emballage comme un petit trésor — un espoir enveloppé de caoutchouc et de douceur.
La première fois que je les lui ai ajustées, Barbie les a regardées avec ce qui ressemblait — si c’est possible pour un cheval — à du scepticisme. Son regard interrogateur me faisait rire. Elle baissait les yeux vers ses bottes, avançait le pied, sentait l’objet étrange avec ce petit renâclement presque imperceptible. Puis elle tournait la tête vers moi comme pour me demander : « Et ça va fonctionner, ce truc-là ? »
Elle a fait quelques pas hésitants, s’est arrêtée, a avancé encore un peu… puis, soudain, elle s’est mise à marcher allègrement, comme quand on essaie de nouveaux souliers. La douleur semblait avoir disparu comme par magie. Et son expression avait changé : plus douce, plus détendue, presque satisfaite. (Je persiste à croire que les femmes et les souliers… c’est universel !)
Il y avait aussi les moustiques, qui la rendaient inconfortable. Son ancienne propriétaire m’avait donné ses couvertures et ses masques, alors je croyais pouvoir la soulager ainsi. Mais Barbie ne voyait pas les choses du même œil. Elle ne me faisait pas encore assez confiance : dès qu’elle me voyait arriver avec une couverture, elle s’éloignait. Pour le masque, c’était un peu plus facile, mais la confiance n’était pas encore tout à fait là. J’ai donc changé de plan et opté pour du répulsif.
Je dois avouer que j’avais le cœur gros. J’étais habituée à des chevaux qui me connaissaient depuis vingt et quinze ans, des chevaux qui me faisaient confiance, des amis. Et là, je me retrouvais devant une page blanche. Je voyais des mois, peut-être même des années de travail. Mais j’étais prête. Malgré mes soixante-dix ans, j’étais là.
Je t’écoute, ma belle. Je t’aide. Je t’accompagne.




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